62 AMUSEMENS PHILOLOGIQUES,
examine si la poésie burlesque éloit en vogue chezles Lalius. Il distingue quatre espèces de poésies la-tines burlesques, tant anciennes que modernes.Cependant on est assez d’avis que ce genre de poé-sie n’a point été connu des anciens.
DES CENTONS.
On appelle cenlon un morceau de poésie composéd’hémistiches de vei’s, de vers entiers ou de passagesempruntés d’un ou de plusieurs auteurs. Le mot cen-ton vient du grec, kentron, (en latin cento ), quisignifie habit fait de divers morceaux. Ce mot estformé de kentéô , piquer, parce qu’il falloit beau-coup de points d’aiguille pour coudre ces sortesd’habits rapetassés (1), vestis è variis pannis con-sarcinata. Ausone a prescrit des règles pour com-poser des centons. Il faut prendre, dit-il, des mor-ceaux détachés du même poète ou de plusieurs; onpeut partager un vers, et en lier la moitié à une au-tre moitié prise ailleurs, ou employer le vers toutentier; mais il n’est pas permis d’insérer deux verssuivis et pris dans le même endroit (2). Le même
(1) Les soldats romains seservoient de centons ou vieilles étoffesramassées, pour s’en faire des plastrons qui les garantissoient destraits des enuemis.
(2) Variis de locis, sensibusque diversis, quædam carminisstructura solidatur, in unum versum ut coeant aut ccesiduo, autuausetsequens euxn medio : nam duos junctim locarc ineptura cst 3