POÉTIQUE CURIEUSE. ^
ütrs une mère complaisante et facile ; d’Enée un dé-vot larmoyant, un peu timide et un peu niais; deDidon'une veuve ennuyée de l’être; d’Ancliise unvieux bavard ; de Calchas un vieux fourbe ; de laSibylle une devineresse, une diseuse de logogryplies ;et de l’oracle d’Apollon un faiseur de rébus. Quantau personnage qu’il a pris lui-même, c’est celui d’unconteur naïf et ignorant qui confond les temps et lesmœurs, et qui fait parler tout son monde comme onparle dans son quartier.» Tel est ce genre comique.En voici quelques exemples. Scarron raconte lesplaintes de Vénus à Jupiter, et comment Jupiter luirépond :
Ce dieu donc, des dieux le plus sage,
Se radoucissant le visage,
Et la prenant sous le menton ,
Lui dit : Bon dieu! que diroit-oitSi l’on vousvoyoit ainsi faire?
3V’avcz-vous point honte de BraireAinsi que la mère d’un veau?
Ah ! vraiment cela n’est pas Beau»
3Ye pleurez plus, la Cythérée,
Et tenez pour chose assuréeTout ce qu’a prédit le destinD’Ence et du pays latin.
Le dialogue de Vénus avec son fils Énée est trèsplaisant. On sait que Vénus ne paroît pas dans toutl’éclat de sa divinité, et qu’elle s’est déguisée auxyeux de son fils, qui cependant lui dit :
Vous sentez la dame divine;
J’cn jurerois sur votre mine.
Alors Vénus fait l’Agnès.
Je ne suis pas, en vérité,