48 AMUSEMEjYS philologiques.
Aurea, jéjunum te taurea pulpa cibabit,
Blcseusisque salur dolio potaberc vini.
En général le style de la Pjgmcidc est peu élégant,peu latin : les descriptions et les épisodes n’ont pastoujours le tour assez naïf, assez plaisant. La Gigan-tomachie de Scarron , qui a été faite peu après laPjgméide, lui est préférable ; elle commence ainsi :
Je chante, quoique d’un gosierQui ne mâche point de laurier,
Non Hector , non le brave Énée,
Non Ampliiare ou Capanée ,
3N r on le vaillant fils de Tliétis;
Tous ces gcns-là sont trop petits,
Et ne vont pas à la ceintureDe ceux dont j’écris l’aventure.
Etc.
Scarron passera toujours pour le prince des poêlesburlesques; il est vrai que c’est une pauvre princi-pauté ; mais cependant il avoit du génie. On luitrouve un sel, une finesse dont sont privés ceux quil’ont imité. Sa Gigantomachie, sa Baronéide, maissur-tout son Virgile travesti, lui ont fait une granderéputation dans ce genre.
cc U Enéide travestie, dit un auteur de goût, n’estautre chose qu’une mascarade , comme Scarronl’avoue ; mais cette mascarade n’est pas aussi gro-tesque qu’on le pense communément. Ce sont desdieux et des héros déguisés en bourgeois de Paris ,mais tous avec leur propre caractère, dont Scarrona saisi le côté ridicule avec beaucoup de justesse etd’esprit. C’est ainsi que de Jupiter il a fait un bonhomme : de Junou une commère acariâtre; de Yé~