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AMUSEMENS PHILOLOGIQUES.
DES ANAGRAMMES.
Le mot anagramme , qui est la transposition deslettres d’un nom, vient de la préposition grecquecina, qui dans la composition des mots, répond sou-vent à rétro, rè, et de gram/na lettre, c’est-à-dire,lettres dont l’ordre est changé. L’anagramme se faitdonc, lorsqu’en déplaçant les lettres d’un mot, onen forme un autre mot qui a une signification dif-férente 5 ou quelquéfois lorsqu’un seul mot composéde plusieurs syllabes qui présente un seul sens, peutse diviser en plusieurs mots qui présentent chacunun sens très différent du premier. Cela produit deuxsortes d’anagrammes dont nous parlerons dans lasuite.
L’anagramme est très ancienne. Lycopliron, poètequi existoit 2,80 ans avant Jésus-Christ, en a fait deuxassez heureuses : l’une, sur l’un des Ptolémées,Ptolemaios dont il a formé apo, de, melitos, miel,pour exprimer la bonté et la douceur de ce prince.L’autre, sur la reine Arsinoé, mot dont il a fait ionet eras, violette de Junon. La troisième partie dela cabale chez les Juifs, le themura (changement)dont j’ai parlé ailleurs, n’est autre chose que l’artde faire des anagrammes.
On ignore si les Latins les ont connues. Le premierqui eu ait fait en France est le poète Dorât, ou Dau-ral qui vivoit sous Charles IX ; c’est de Ljcophron