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HOTELS LT MAISONS DE LA RENAISSANCE
L’autre morceau, célèbre aussi mais d’un goût beaucoup moins pur, qui subsiste à l'hôtel de Felzinsest encore un véritable morceau de bravoure en matière sculpturale, c’est le portail d’entrée de l’hôtel sur larue. Complètement isolé du précédent, il peut fort bien appartenir à une autre campagne de construction et,sans doute, relativement plus tardive. Si le morceau précédent était des environs de i55o, la date de 1 556 quel’on donne généralement pour celui-ci (elle y est inscrite en frontispice) est à peine suffisante pour rendrecompte de la différence totale de goût qui les sépare : c’est ici une surcharge et un encombrement général dela composition beaucoup trop riche, avec des éléments d’une lourdeur épaisse, comme ces oves énormes et cespointes de diamant qui semblent annoncer la fin du xvi e siècle, avec des motifs d’une antiquité tournée augrotesque, comme ces masques grimaçants, ces satyres gesticulants et burlesques, ces cariatides même qui sedéhanchent et se contorsionnent.
Une cheminée intérieure de la grande salle, avec son Hercule gaulois, serait à peu près du même goûtet sans doute du même temps.
Bibliographie : J. de Malafosse : ouv. cil p. 233-234.
PI. LV et LVI. — Toulouse. — Hôtel du Vieux Raisin, 36, rue du Languedoc.
Nous avons déjà rencontré au tome précédent (pl. LXXXV et LXXXYL cet hôtel extrême-ment connu sous le nom d’hôtel de Lasbordes et nous en avons examiné les parties principales dues à
l’avocat Maynier. Le greffier Burnet quile posséda depuis i5qô jusqu’à sa mort,en 157 , 3 , fit augmenter les deux ailesdéjà amorcées sur le corps principalet fermer la cour par un portique oùs’ouvre la baie en plein cintre de laporte d’entrée.
L’intérêt de telles additions estsurtout dans les motifs de décor quis’y déployèrent dans ce même sentimentde verve abondante et pittoresque et declassicisme déformé tendant au grotesque,que nous venons déjà de rencontrer àl’hôtel de Felzins. Toutes les fenêtres sontaccompagnées de deux, quand ce n’estpas trois cariatides; au rez-de-chaussée cesont de grandes figures engainées avecbarbes abondantes qui dérivent des admi-rables morceaux de l’hôtel de Jean deBagis ; elles offrent des traits creusés, des
Fig. 3o. — Toulouse : Hotf.l du Vieux Raisin. Ensemble sur la rue physionomies tragiques, OU par Contraste
des figures pleines de santé robuste etjoyeuse (voir fig. m, Intr. p. il) Au premier étage les cariatides, plus petites, entrent plus intimement encoredans la composition de la fenêtre dont elles soutiennent le meneau transversal. Au-dessus encore apparaissentquatre gracieux couples d’enfants rieurs et mouvementés.
Quant au portique, ouvert sur le côté de la cour seulement, il rappelle en plus modeste celui de l’hôteld Assezat pour la forme des arcs et le galbe des colonnes. Mais, bien plus chargé de décor, il s’orne de toutessortes de cariatides, même de cartouches et de trophées qui ne sont pas toujours du meilleur goût et rappellentla surabondance décorative des ateliers de Fontainebleau.
Bibliographie : C. Daly : Motifs historiques d’architecture. Vol. 1, 186g, Henri //, pl. I. — Malafosse : Recherches surVarchitecture, p. 234-235.
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