HOTELS ET MAISONS I)E LA H E N A I SS ANC E
y rappellent encore l’art gothique, ou au moins la première Renaissance. 11 en est de même de ees médaillons àl’antique, de profil ou de trois quarts : leur valeur est inégale mais quelques-uns sont d un beau caractèresculptural. L’influence italienne s’accuse très nettement ici. sans que ces divers éléments se soient encoresuffisamment assimilés pour constituer la formule proprement toulousaine.
Bibliographie : J. de Malafosse : ouv. cil., p. 217-218.
Fl. LI 1 . — Toulouse. — Hôtel Buet, s, rue de la Pomme.
La formule de l’art classique toulousain nousl'hôtel du conseiller Simon Buet, qui siégea au Parlement de Toulouse de 1 555maltraité dans les troubles des guerres de religion, en i56i,
Des réfections ont dù être opérées à des époques diverses,sans parler des toutes modernes. A l'intérieur se voitune belle cheminée d’époque Henri IV coupée en deux parun plafond. Mais la porte et plusieurs fenêtres sur lafaçade du corps de logis sont encore très typiques de laseconde Renaissance à Toulouse. On en peut placerl'exécution entre 1 555 et i56o et non, comme l’a fait Daly,sous Henri 111. Ce sont les combinaisons assez sobres deeolonnettes et de pilastres que nous avons signalées dèsl’époque de Lhôtel de Jean de Bagis et de l’interventionde Bachelier, alourdies ici, par exemple, de ces grandesvolutes feuillagées qui se développent sous l’appui de lagrande fenêtre ou flanquent les eolonnettes de la fenêtrede l’escalier. 11 faut noter encore ici que cet escalier, sui-vant le principe devenu constant, est à rampes droites.
Bibliographie : César Daly : Motifs historiques d'architecture,i86y. Vol. 1, Henri lit, pl. XIV. — . 1 . de Malafosse, ouv. cil., p. 236-237.
PL LUI et L 1 V. — Toulouse. — Hôtel de Pelzins,
22, rue de la Dalbade.
apparaît au contraire très nettement dans ces restes de
à 1092. L’hôltel fut trèset depuis il a été ravagé par plusieurs incendies.
3 1:3
, , , Fig. 2<). —Toulouse: Hôtel de Felzins
Le nom donne communément a cet hôtel est Tourelle d'angle dans la cour
celui de la famille qui le possède encore actuellement. 11
est quelquefois aussi appelé hôtel de Catellan, mais le nom auquel il aurait le plus de droit est celui de GaspardMolinier, conseiller au Parlement de i53oà 1071 , qui le fit construire vers i55o.
Les fouilleurs d’archives, qui ont renouvelé l’histoire de l’art toulousain, n’ont jamais retrouvé lemarché original, mais on possède plusieurs documents ou quittances où figurent deux noms d’artistes locaux,Raymond Bossac et Jean Molière; le conseiller leur était, du reste, fort attaché puisqu’on le voit constituer unedot à la femme de l’un d’eux. Ils sont qualifiés, dans la terminologie si vague de l’époque, tantôt de tailleurs depierres, tantôt de maîtres maçons et c’est peut-être à tort qu’on en a fait des sculpteurs. Ce sont, sans doute,plutôt les constructeurs de l’immeuble.
Quoi qu’il en soit, celui-ci devait être fort avancé en 1 .5.52 puisqu'il veut lieu, à cette date, à uneexpertise de mur mitoyen. C’est bien à peu près la date qu'indiquent les fragments encore visibles de ladécoration du corps de logis principal, d’ailleurs très altéré dans son ensemble. Ces fragments consistent endes restes d’encadrements de fenêtres d’une très grande pureté, analogues à ce que nous avons noté à l’hôtel deBagis, à l’hôtel de Cheverry, à l’hôtel Buet; c’est surtout une tourelle d’angle où les mêmes éléments classiquess'ordonnent assez gauchement (voir fig. 29 ; mais dont le cul-de-lampe est un chef-d’œuvre pour la compositioningénieuse et la souplesse d’exécution. Les trois génies ailés qui jouent avec de lourdes guirlandes, sont d'unegrâce vivante et savoureuse qui rappelle les meilleures créations du quattrocento italien.