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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

cette raison que nous avons cru devoir consacrer tout un volume, un tiers de notre recueil,au tableau de lépanouissement de cette formule nouvelle, dont nous avons vu ensuite lesapplications transformées par la mode factice venue dItalie, dans notre seconde partie consa-crée aux créations de lart composite franco-italien sous Louis Xll et François I . Pendantcette période, des nouveautés essentielles se manifestaient déjà dans les grandes construc-tions. Blois, Chambord surtout, présentent non seulement des motifs de décor, mais despartis de construction, des aménagements de plan qui n'appartiennent plus à la pure traditionfrançaise; mais ces nouveautés natteignaient pas encore notre domaine.

A peine, dans notre dernière partie, avons-nous pu rencontrer çà et des fantaisies,souvent individuelles et sans postérité, comme le casino de Mondrainville à Caen, par exem-ple, qui nous ont accusé une brusque et complète volte-face. Ailleurs, ce sont presque tou-jours des adaptations lentes et progressives, des compromis plus ou moins timides, qui semanifestent, à côté du progrès, de lévolution qui ne sinterrompt pas, évolution que la Renais-sance formelle accompagne sans lavoir créée ni suscitée, vers un sens plus complet et plusparfait de lhabitation confortable et agréable à la vie de chaque jour.

On pourrait même soutenir que cette évolution, commencée en plein milieu gothique,la Renaissance classique, loin de la servir, la entravée et retardée. L'art du xvn e siècle, mêmesi nous restons toujours dans le domaine que nous nous sommes fixé ici, celui des hôtels etmaisons , conserve peu de chose de lintimité, du caractère |mesuré et vraiment français de lartantérieur; il sacrifie couramment au luxe extérieur, à la pompe, à la symétrie, à lapparat; cesqualités ou ces défauts, suivant le point de vue lon se place, cest à lItalie, c'est à la Renais-sance quil les doit. Au contraire, il semble que ce soit le principe national qui fasse sa réap-parition avec le xvm e siècle et que lévolution commencée au xv c siècle se continue dans unart plus réaliste, plus pratique, plus à la mesure des intelligences, des besoins et du goûtfrançais. Bien entendu, les siècles écoulés ont laissé leur trace, lemprise italienne a été siforte que les traces et les suites ne sen éliminent pas dun seul coup. Mais lesprit généraldune construction urbaine du temps de Louis XV nous paraît se rattacher par des liens cer-tains à celui de ces hôtels à la française du xv 1 ' siècle que nous avons étudiés, de même quelœuvre dun Chardin se rattache au fond, malgré les différences d'époque et les intermé-diaires dont linfluence nest pas niable, à celle dun Jean Bouquet.

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Fig. x. Orléans : Détail, dun plafond rue du Tabour