DE LA CONTEMPLATION DE LA NATURE. 373
et les plantes et les animaux que les mag-nifiques apprêts d’un splendide repas; lanature ne s’offroit pas à leurs yeux commeun temple majestueux et tranquille, maiscomme le théâtre brillant, de fêtes toujoursnouvelles.
“ Dans ce même temps néanmoins, des es-prits plus profonds s’occupoient sans re-lâche à reconstruire le monde idéal, dontles traces avoient déjà disparu ; ils separtageoient en frères les travaux les plussacrés ; les uns cherchoient à reproduire,par la musique, les voix de la forêt et del’air; les autres imprimoient l’image et lepressentiment d’une race plus noble sur lapierre et sur l’airain, changeoient les rochersen édifices et mettoient au jour les trésorscachés dans la terre. La nature civiliséepar l’homme sembla répondre à ses sou-haits : l’imagination de l’artiste osa l’in-terroger, et l’âge d’or parut renaître à l’aidede la pensée.
“ Il faut, pour connoître la nature, de-venir un avec elle. Une vie poétique etrecueillie, une ame sainte et religieuse,toute la force et toute la fleur de l’existencehumaine, sont nécessaires pour la com-2 b 3