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3 (1813)
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348
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348 LA RELIGION ET LENTHOUSIASME.

Dans la solitude la plus profonde, dans lisolement le plus cruel, il ne faut pas lais- ser tarir en soi la source des affections dévouées. Pendant long-temps, on ne croit pas que Dieu puisse être aimé comme on aime ses semblables. Une voix qui nous répond, des regards qui se confondent avec les nôtres, paroissent pleins de vie, tandis que le ciel immense se tait : mais par degrés lame sélève jusquà sentir son Dieu près delle comme un ami.

Mon fils, il faut prier comme on aime, en mêlant la prière à toutes nos pensées : il faut prier, car alors on nest plus seul ; et quand la résignation descendra doucement en vous, tournez vos regards vei's la nature :t£ on diroit que chacun y retrouve le passé de sa vie, quand il nen existe plus de traces parmi les hommes. Rêvez à vos chagrins comme à vos plaisirs en contemplant ces nuages tantôt sombres et tantôt brillants, que le vent fait disparoître ; et soit que la mort vous ait ravi vos amis, soit que la vie plus cruelle encore ait déchiré vos liens<c avec eux, vous apercevrez dans les étoiles leur image divinisée ; ils vous apparoîtront tels que vous les reverrez un jour.