338 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
bravés, et bien qu’alors un coup funestel’ait frappée, son dernier acte fut maternel ;c’est dans cet instant sublime qu’elle a parudevant Dieu, et l’on n’a pu reconnoîtrece qui restoit d’elle sur la terre qu’auchiffre de ses enfants, qui marquoit encorela place où cet ange avoit péri. Ah ! toutce qu’il y a d’horrible dans ce-tableau estadouci par les rayons de la gloire céleste.Cette généreuse Pauline sera désormais lasainte des mères, et si leurs regards n’osoientencore s’élever jusqu’au ciel, elles les repo-seront sur sa douce figure, et lui demanderontd’implorer la bénédiction de Dieu pour leursenfants.
Si l’on étoit parvenu à tarir la source de lareligion sur la terre, que diroit-on à ceux quivoient tomber la plus pure des victimes ? quediroit-on à ceux qui l’ont aimée ? et de queldésespoir, de quel effroi du sort et de sesperfides secrets l’ame ne seroit-elle pasremplie ?
Non-seulement ce qu’on voit, mais ce qu’onse figure foudroieroit la pensée s’il n’y avoitrien en nous qui nous affranchit du liazard.N’a-t-on pas vécu dans un cachot obscur où