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3 (1813)
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298 LA RELIGION ET LENTI-IOUSIASME,

la pierre quon doit placer sur leur cercueil,et respirent déjà le parfum du jeune arbredont les feuilles et ses fleurs se penchèrentsur leurs tombes. Cest ainsi quon a vu,dans les temps modernes, une armée toutentière assistant à ses propres funérailles, direpour elle-même le service des morts, décidéequelle étoit à conquérir l'immortalité.*

La communion des Moraves ne peut pointsadapter à létat social tel que les circon-stances nous le commandent ; mais comme ona beaucoup dit depuis quelque temps que lecatholicisme seul parloit à limagination, ilimporte dobserver que ce qui remue vraimentlame dans la religion est commun à toutesles églises chrétiennes. Un sépulcre et uneprière épuisent toute la puissance de latten-drissement; et plus la croyance est simple,plus le culte cause démotion.

* Cest à Sarragosse qua eu lieu ladmirable scène àlaquelle je faisois allusion, sans oser la désigner plus claire-ment. Un aide-de-camp du Général françois vint propo-ser à la garnison de la ville de se rendre, et le chef destroupes espagnoles le conduisit sur la place publique, ilvit autour et dans léglise tendue de noir, les soldats et lesofficiers à genoux entendant le service des morts. Eneffet bien peu de ces guerriers vivent encore, et les habi-tants de la ville ont aussi partagé le sort de leurs défenseurs.