294 LA RELIGION ET L’ENTI-IOUSIASME.
des veuves, et lui demande celle qu’il voudroifcépouser. L’on tire au sort à l’église poursavoir s’il doit ou non s’unir à la femme qu’ilpréfère ; et si le sort est contre lui, il renonceà sa demande. Les Moraves ont tellementl’habitude de se résigner, qu’ils ne résistentpoint à cette décision ; et comme ils ne voientles femmes qu’à l’église, il leur en coûtemoins pour renoncer à leur choix. Cettemanière de prononcer sur le mariage, et surbeaucoup d’autres circonstances de la vie,indique l’esprit général du culte des Moraves.Au lieu de s’en tenir à la soumission à la vo-lonté du ciel, ils se figurent qu’ils peuvent laconnoître ou par des inspirations, ou, ce quiest plus étrange encore, en interrogeant lehasard. Le devoir et les évènements mani-festent à l’homme les voies de Dieu sur laterre ; comment peut-il se flatter de les pé-nétrer par d’autres moyens ?
L’on observe d’ailleurs en général, chezles Moraves, les mœurs évangéliques tellesqu’elles dévoient exister du temps des apôtres,dans les communautés chrétiennes. Ni lesdogmes extraordinaires, ni les pratiques scru-puleuses ne font le lien de cette association :l’Evangile y est interprété de la manière la