274 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
blime ce culte qui nous fait pressentir unejouissance céleste dans l’inspiration du géniecomme dans la vertu la plus obscure ; dansles affections les plus tendres comme dans lespeines les plus amères; dans la tempête commedans les beaux jours ; dans la fleur commedans le chêne ; dans tout, hors le calcul,hors le froid mortel de l’égoïsme qui noussépare de la nature bienfaisante, et nousdonne la vanité seule pour mobile, la vanitédont la racine est toujours venimeuse ! quelleest belle la religion qui consacre le mondeentier à. son auteur, et se sert de toutes nosfacultés pour célébrer les rites saints du mer-veilleux univers.
Loin qu’une telle croyance interdise leslettres, ni les sciences, la théorie de toutesles idées, et le secret de tous les talents luiappartiennent; il faudrait que la nature etla'divinité fussent en contradiction, si lapiété sincère défendoit aux hommes de se ser-vir de leurs facultés et de goûter les plaisirsqu’elles donnent. Il y a de la religion danstoutes les œuvres du génie ; il y a du géniedans toutes les pensées religieuses. L’espritest d’une moins illustre origine, il sert à