CONSIDÉRATIONS GENERALES, ETC, 267
christianisme qui rassemblera dans un mêmefoyer tous les rayons épars, et qui nous feratrouver dans la religion plus que la morale,plus que le bonheur, plus que la philosophie,plus que le sentiment même, puisque chacunde ces biens sera multiplié par sa réunionavec les autres.
Quoiqu’il en soit, il est peut-être intéres-sant de connoître sous quel point de vue lareligion est considérée en Allemagne, etcomment on a trouvé le moyen d’y rattachertout le système littéraire et philosophique dontj’ai tracé l’esquisse. C’est une chose im-posante que cet ensemble de pensées quidéveloppe à nos yeux l’ordre moral tout en-tier, et donne à cet édifice sublime le dévoue-ment pour base, et la divinité pour faîte.
C’est au sentiment de l’infini que la plupartdes écrivains allemands rapportent toutes lesidées religieuses. L’on demande s’il est pos-sible de concevoir l’infini ; cependant ne leconçoit-on pas, aumoins d’une manière néga-tive, lorsque dans les mathématiques on nepeut supposer aucun terme à la durée ni àl’étendue ? Cet infini consiste dans l’absencedes bornes ; mais le sentiment de l’infini, tel