222 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE,
donne pas assez d’influence à la religion ;mais il ne faut pas s’étonner qu’il ait étéporté à ne pas faire du sentiment la base desa morale, dans un temps ou il s’étoit répan-du, e*i Allemagne surtout,' une affectation desensibilité qui affoiblissoit nécessairement leressort des esprits et des caractères. Un gé-nie tel que celui de Kant devoit avoir pourbut de retremper les amesi
Les moralistes allemands de la nouvelleécole, si purs dans leurs sentiments, à quel-ques systèmes abstraits qu’ils s’abandonnent*peuvent être divisés en trois classes : ceux qui,comme Kant et Ficlite, ont voulu donner àla loi du devoir une théorie scientifique et uneapplication inflexible; ceux à la tête desquelsJacobi doit être placé, qui prennent le senti-ment religieux et la conscience naturelle pourguides, et ceux qui, faisant de la révélationla base de leur croyance, veulent réunir lesentiment et le devoir, et cherchent à les lierensemble par une interprétation philosophi-que. Ces trois classes de moralistes attaquenttous également la morale fondée sur l’intérêtpersonnel. Elle n’a presque plus de partisansen Allemagne : on peut y faire le mal, maisdu moins on y laisse intacte la théorie du bien.