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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

quils se flattent denchaîner ainsi lavenir, etde se soustraire entièrement au joug des cir-constances ; mais ce qui nous en affranchit,cest notre ame, cest la sincérité de notreamour intime pour la vertu. La science delàmorale nenseigne pas plus à être un honnêtehomme, dans toute la magnificence de ce mot,que la géométrie à dessiner, ni la poétique àtrouver des fictions heureuses.

Kant, qui avoit reconnu la nécessité dusentiment dans les vérités métaphysiques, avoulu sen passer dans la morale, et il najamais pu établir, dune manière incontesta-ble, quun grand fait du cœur humain, cestque la morale a le devoir et non lintérêt pourbase ; mais, pour connoître le devoir, il fauten appeler à sa conscience et à la religion.Kant, en écartant la religion des motifs de lamorale, ne pouvoit voir dans la consciencequun juge et non une voix divine, aussi na-t-ilcessé de présenter à ce juge des questionsépineuses ; les solations quil en a données, etquil croyoit évidentes, nen ont pas moins étéattaquées de mille manières ; car ce nestjamais que par le sentiment quon arrive àlunanimité dopinion parmi les hommes.

Quelques philosophes allemands ayant re-