DE I A MORALE SCIENTIFIQUE. 211
cours sur la religion, dont nous parleronsdans la section suivante, a publié un livre trèsprofond sur l’examen des diverses moralesconsidérées comme science. Il voudroit entrouver une dont tous les raisonnementsfussent parfaitement enchaînés, dont le prin-cipe contînt toutes les conséquences, et dontchaque conséquence fit reparoître le principe ;mais, jusqu’à présent, il ne semble pas que cebut puisse être atteint.
Les anciens ont aussi voulu faire une sci-ence de la morale, mais ils comprenoient danscette science les lois et le gouvernement : eneffet, il est impossible de fixer d’avance tousles devoirs de la vie, quand on ignore ce quela législation et les mœurs du pays où l’on estpeuvent exiger ; c’est d’après ce point de vueque Platon a imaginé sa république.L’homme entier y est considéré sous le rap-port de la religion, de la politique et de lamorale ; mais comme cette république nesauroit exister, on ne peut concevoir comment,au milieu des abus de la société humaine, uncode de morale, quel qu’il fût, pourrait sepasser de l’interprétation habituelle de la con-science. Les philosophes recherchent laforme scientifique en toutes choses ; on diroit
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