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3 (1813)
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204 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

circonstance particulière ce qui ne sauroitêtre admis comme loi générale ; mais danscette occasion il oublie quon pourroit faireune loi générale de ne sacrifier la vérité quàune autre vertu, car dès que lintérêt person-nel est écarté dune question, les sophismesne sont plus à craindre, et la conscience pro-noncé sur toutes choses avec équité.

La théorie de Kant en morale est sévèreet quelquefois sèche, parcequelle exclut lasensibilité. Il la regarde comme un refletdes sensations, et comme devant conduireaux passions dans lesquelles il entre toujoursde légoïsme ; cest à cause de cela quilnadmet pas cette sensibilité pour guide, et quilplace la morale sous la sauvegarde de prin-cipes immuables. Il nest rien de plus sévèreque cette doctrine ; mais il y a une sévéritéqui attendrit alors même que les mouvementsdu cœur luisont suspects et quelle essaie deles bannir tous : quelque rigoureux que soitun moraliste, quand cest à la consciencequil sadresse, il est sûr de nous émouvoir.Celui qui dit à lhomme :trouvez tout envous-même,fait naître toujours dans lamequelque chose de grand qui tient encore à lasensibilité même dont il exige le sacrifice. Il