DE LA MORALE, ETC.
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service aux opprimés. Se permettre de mau-vais moyens pour un but que l’on croit bon,c’est une maxime de conduite singulièrementvicieuse dans son principe. Les hommes nesavent rien de l’avenir, rien d’eux-mêmespour demain ; dans chaque circonstance etdans tous les instants le devoir est impératif,les combinaisons de l’esprit sur les suites qu’onpeut prévoir n’y doivent entrer pour rien.
De quel droit des hommes qui étoient lesinstruments d’une autorité factieuse conser-voient-ils le titre d’honnêtes gens parcequ’ilsfaisoient avec douceur une chose injuste ? Ileût bien mieux valu qu’elle fût faite rudement,car il eût été plus difficile de la supporter, etde tous les assemblages le plus corrupteur,c’est celui d’un décret sanguinaire et d’unexécuteur bénin.
La bienfaisance que l’on peut exercer endétail në compense pas le mal dont on estl’auteur en prêtant l’appui de son nom auparti que l’on sert. Il faut professer le cultede la vertu sur la terre, afin que, non seule-ment les hommes de notre temps, mais ceuxdes siècles futurs en ressentent l’influence.L’ascendant d’un courageux exemple subsisteencore mille ans après que les objets d’une