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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
moquerie, et d’une façon un peu sévère dejuger la médiocrité de l’esprit ou de l’ame : cequ’il a écrit sur le Bonheur des Sots suffit ceme semble pour le prouver. Enfin comme iljoig'noit à toutes ses autres qualités celle d’êtreéminemment un liomme d’esprit, personne nele surpassoit dans la connoissance fine et pro-fonde de ceux avec lesquels il avoit quelque re-lation ; mais il s’étoit décidé par un acte de saconscience à ne jamais reculer devant les con-séquences, quelles qu’elles fussent, d’une ré-solution commandée par le devoir. On peutjuger diversement les évènements de la révo-lution Française ; mais je crois impossible àun observateur impartial de nier qu’un telprincipe généralement adopté auroit sauvé laFrance des maux dont elle a gémi, et, ce quiest pis encore, de l’exemple qu’elle a donné.
Pendant les époques les plus funestes de laterreur, beaucoup d’honnêtes gens ont acceptédes emplois dans l’administration, et mêmedans les tribunaux criminels, soit pour yfaire du bien, soit pour diminuer le mal quis’y commettoit ; et tous s’appuyoient sur unraisonnement assez généralement reçu, c’estqu’ils empêchoient un scélérat d’occuper laplace qu’ils remplissoient et rendoient ainsi