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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
matiques et très souvent inintelligibles. Quandil s’agit de de la métaphysique transcendante,quand on s’essaie à se plonger dans les ténè-bres de la nature, tous les aperçus, quelquevagues qu’ils soient, ne sont pas à dédaigner,tous les pressentiments peuvent guider, tousles à-peu-près sont encore beaucoup. Il n’enest pas ainsi des affaires de ce monde ; il estpossible de les savoir, il faut donc les pré-senter avec clarté. L’obscurité dans le style,lorsqu’on traite des pensées sans bornes, estquelquefois l’indice de l’étendue même del’esprit ; mais l’obscurité dans l’analyse deschoses de la vie prouve seulement qu’on neles comprend pas.
Lorsqu’on fait intervenir la métaphysiquedans les affaires, elle sert à tout confondrepour tout excuser, et l’on prépare ainsi desbrouillards pour asile à sa conscience. L’em-ploi de cette métaphysique seroit de l’adresse,si de nos jours tout n’étoit pas réduit à deuxidées très simples et très claires, l’intérêt oule devoir. Les hommes énergiques, quelle quesoit celle de ces deux directions qu’ils suivent,vont tout droit au but sans s’embarrasser desthéories, qui ne trompent ni ne persuadentplus personne.