J 40 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
ceux qui l’aiment. On prouve aussi que tellepièce, composée d’après tels principes, doitintéresser, et cependant quand on veut qu’ellesoit jouée, quand on lui dit lève-toi et inarche,la pièce ne va pas, et il faut donc encoremépriser ceux qui ne s’amusent point d’unouvrage composé selon les lois de l’idéalet du réel. On a tort presque toujoursquand on blâme le jugement du public dansles arts, car l’impression populaire est plusphilosophique encore que la philosophie mê-me, et quand les combinaisons de l’hommeinstruit ne s’accordent pas avec cette impres-sion, ce n’est point pareeque ces combinai-sons sont trop profondes, mais plutôt parce-qu’elles ne le sont pas assez.
Néanmoins il vaut infiniment mieux, ceme semble, pour la littérature d’un pays, quesa poétique soit fondée sur des idées philoso-phiques, même un peu abstraites, que sur desimples règles extérieures; car ces règles nesont que des barrières pour empêcher les en-fants de tomber.
L’imitation des anciens a pris chez les Al-lemands une direction toute autre que dansle reste de l’Europe. Le caractère conscien-cieux dont ils ne se départent jamais les a