NOUVELLE PHILOSOPHIE ALLEMANDE. 139
précédé l’observation du fait ; mais puisquenous sommes arivés à l’époque des théories,ne faut-il pas au moins se garder de celles quipeuvent étouffer le talent ?
Il faut avouer cependant qu’il résulte assezsouvent quelques inconvénients essentiels deces systèmes de philosophie appliqués à lalittérature ; les lecteurs allemands, accoutu-més à lire Kant, Fichte, etc., considèrent unmoindre degré d’obscurité comme la clartémême, et les écrivains ne donnent pas tou-jours aux ouvrages de l’art cette lucidité frap-pante qui leur est si nécessaire. On peut, 011doit même exiger une attention soutenue,quand il s’agit d’idées abstraites ; mais lesémotions sont involontaires. Il ne peut êtrequestion dans les jouissances des arts, ni decomplaisance, ni d’effort, ni de réflexion ; ils’agit là de plaisir et non de raisonnement ;l’esprit philosophique peut réclamer l’examen,mais le talent poétique doit commander l’en-traînement.
Les idées ingénieuses qui dérivent desthéories font illusion sur la véritable naturedu talent. On prouve spirituellement que telleou telle pièce n’a pas dû. plaire, et cependantelle plaît, et l’on se met alors à mépriser