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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

ce que nous connoissons de lhistoire, ils nontjamais eu de rapport entre eux. FrédéricSclilegel nadmet point dans ses écrits la sup-position assez généralement reçuè, que leshommes ont commencé par létat sauvage, etque les besoins mutuels ont formé les languespar degrés. Cest donner une origine biengrossière au développement de lesprit et delame, que de lattribuer ainsi à notre natureanimale, et la raison combat cette hypothèseque limagination repousse.

On ne conçoit point par quelle gradation ilseroit possible darriver du cri sauvage à laperfection de la langue grecque ; lon diroitque dans les progrès nécessaires pour parcou-rir cette distance infinie il faudroit que chaquepas franchît un abîme ; nous voyons de nosjours que les sauvages ne se civilisent jamaisdeux-mêmes, et que ce sont les nations voi-sines qui leur enseignent avec grande peine cequils ignorent. On est donc bien tenté decroire que le peuple primitif a été linstituteurdu genre humain ; et ce peuple, qui la formé,si ce nest une révélation ? Toutes les nationsont exprimé de tout temps des regrets sur laperte dun état heureux qui précédoit lépoque elles se trouvoient : d vient cette idée si