10G
LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
absolues. Depuis les Grecs jusqu’à nos jours,on a souvent répété cet axiome, Que tout estun, et les efforts des philosophes ont toujourstendu à trouver dans un seul principe, danslame ou dans la nature, l’explication dumonde. J’oserai le dire cependant, il mesemble qu’un des titres de la philosophie deKant à la confiance des hommes éclairés, c’estd’avoir affirmé, comme nous le sentons, qu’ilexiste une ame et une nature extérieure, etqu’elles agissent mutuellement l’une sur l’au-tre par telles ou telles lois. Je ne sais pour-quoi l’on trouve plus de hauteur philosophiquedans l’idée d’un seul principe, soit matériel,soit intellectuel ; un ou deux ne rend pas l’uni-vers plus facile à comprendre, et notre senti-ment s’accorde mieux avec les systèmes quireconnoissent comme distincts le physique etle moral.
Fichte et Schelling se sont partagé l’empireque Kant avoit reconnu pour divisé, et cha-cun a voulu que sa moitié fut le tout. L’unet l’autre sont sortis de la sphère de nous-mêmes, et ont voulu s’élever jusqu’à connoîtrele système de l’univers. Bien différents eucela de Kant, qui a mis autant de force d’es
/