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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
piens ont toujours divisé leur doctrine en deuxparties distinctes, celle qu’ils réservoient pourles initiés et celle qu’ils professoient en public.La manière d’écrire de Kant est tout-à-faitdifférente, lorsqu’il s’agit de sa théorie, oude l’application de cette théorie.
Dans ses traités de métaphysique il prendles mots comme des chiffres, et leur donne lavaleur qu’il veut,, sans s’embarrasser de cellequ’ils tiennent de l’usage. C’est, ce me sem-ble, une grande erreur; car l’attention dulecteur s’épuise à comprendre le langage avantd’arriver aux idées, et le connu ne sert ja?mais d’échelon pour parvenir à l’inconnu.
Il faut néanmoins rendre à Kant la justicequ’il mérite môme comme écrivain, quand ilrenonce à son langage scientifique. En par-lant des arts, et surtout de la morale, sonstyle est presque toujours parfaitement clair,énergique et simple. Combien sa doctrineparoît alors admirable! Comme il exprimele sentiment du beau et l’amour du devoir !Avec quelle force il les sépare tous les deuxde tout calcul d’intérêt ou d’utilité! Commeil ennoblit les actions par leur source et nonpar leur succès ! Enfin, quelle grandeurmorale ne sait-il pas donner à l’homme, soit