S4 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE
fondement de la doctrine du devoir ; car, sil’homme est libre, il doit se créer à lui-mêmedes motifs tout-puissants qui combattent l’ac-tion des objets extérieurs et dégagent la volontéde l’égoïsme. Le devoir est la preuve et lagarantie de l’indépendance métaphysique del’homme.
Nous examinerons dans les chapitres sui-vants les arguments de Kant contre la moralefondée sur l’intérêt personnel, et la sublimethéorie qu’il met à la place de ce sophismehypocrite ou de cette doctrine perverse. Ilpeut exister deux manières de voir sur le pre-mier ouvrage de Kant, la Critique de la liai-son pure ; précisément parcequ’il a reconnului-même le raisonnement pour insuffisant etpour contradictoire, il devoit s’attendre à cequ’on s’en serviroit contre lui ; mais il mesemble impossible de ne pas lire avec respectsa Critique de la Raison pratique, et les diffé-rents écrits qu’il a composés sur la morale.
Non seulement les principes de la moralede Kant sont austères et purs, comme on de-voit les attendre de l’inflexibilité philosophi-que ; mais il rallie constamment l’évidence ducœur à celle de l’entendement, et se complaîtsingulièrement à faire servir sa théorie ab-