KANT.
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dérer comme indubitables, mais l’imaginationelle-même ne sauroit rien supposer hors del’espace et du temps ; et l’on ne peut consi-dérer comme un résultat de l’habitude, c’est-à-dire de la répétition constante des mêmesphénomènes, ces formes de notre pensée quenous imposons aux choses ; S les sensationspeuvent être douteuses, mais le prisme à tra-vers lequel nous les recevons est immuable.
A cette intuition primitive de l’espace et dutemps, il faut ajouter ou plutôt donner pourbase les principes du raisonnement, sans les-quels nous ne pouvons rien comprendre, et quisont les lois de notre intelligence ; la liaisondes causes et des effets, l’unité, la pluralité,la totalité, la possibilité, la réalité, la néces-sité, etc.* Kant les considère égalementcomme de notions nécessaires, et il n’élève aurang de sciences que celles qui sont fondéesimmédiatement sur ces notions, parceque c’estdans celles-là seulement que la certitude peutexister. Les formes du raisonnement n’ontde résultat que quand on les applique au ju-gement des objets extérieurs, et dans cette ap-plication elles sont sujettes à l’erreur ; mais
* Kant donne le nom de catégorie aux diverses notionsnécessaires de l'entendement dont il présente le tableau.