KANT.
69
en philosophie, vient de l’impulsion donnéepar cet ouvrage.
A ce traité sur l’entendement humain suc-céda la Critique de la Raison pratique, quiportoit sur la morale, et la Critique du Juge-ment , qui avoit la nature du beau pour objet ;la même théorie sert de base à ces trois traités,qui embrassent les lois de l’intelligence, lesprincipes de la vertu et la contemplation desbeautés de la nature et des arts.
Je vais tâcher de donner un aperçu desidées principales que renferme cette doctrine ;quelque soin que je prenne pour l’exposer avecclarté, je ne me dissimule point qu’il faudratoujours dé l’attention pour la comprendre.Un prince qui apprenoit les mathématiquess’impatientoit du travail qu’exigeoit cetteétude :—Il faut nécessairement, lui dit celuiqui les enseignoit, que. votre altesse se donnela peine d’étudier pour savoir ; car il n’y apoint de route royale en mathématiques.—Lepublic Français, qui a tant de raisons de secroire un prince, permettra bien qu’on luidise qu’il n’y a point de route royale en méta-physique, et que, pour arriver à la conceptiond’une théorie quelconque, il faut passer par
p 3