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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
pour expliquer l’origine des choses ; néan-moins dans quelle perplexité singulière l’es-prit humain n’est-il pas? Sans cesse attirévers le secret de son être, il lui est égalementimpossible et de le découvrir, et de n’y passonger toujours.
Les Persans disent que Zoroastre inter-rogea la divinité et lui demanda comment lemonde avoit commencé, quand il devoit finir,quelle étoit l’origine du bien et du mal ? Ladivinité répondit à toutes ces questions, faisle bien et gagne Vimmortalité. Ce qui rendsur tout cette réponse admirable, c’est qu’ellene décourage point l’homme des méditationsles plus sublimes ; elle lui enseigne seulementque c’est par la conscience et le sentimentqu’il peut s’élever aux plus profondes con-ceptions de la philosophie.
Leibnitz étoit un idéaliste qui ne fondoitson système que sur le raisonnement; et de làvient qu’il a poussé trop loin les abstractionset qu’il n’a point assez appuyé sa théorie surla persuasion intime, seule véritable base dece qui est supérieur à l’entendement : eneffet, raisonnez sur la liberté de l’homme, etvous n’y croirez pas ; mettez la main survotre conscience, et vous n’en pourrez douter»