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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE..
cience divine, enfin de ces questions primi-:tives qui dépassent Fintelligence humaine.Je ne prétends point blâmer, en m’exprimantainsi, les grands hommes qui depuis Pytha-gore et Platon jusqu’à nous ont été attirés,vers ces hautes spéculations philosophiques.Le génie ne s’impose de bornes à lui-mêmequ’après avoir lutté long-temps contre cettedure nécessité. Qui peut avoir la faculté depenser et ne pas s’essayer à connoître l’ori-gine et le but des choses de ce monde ?
Tout ce qui a vie sur la terre, exceptél’homme, semble s’ignorer soi-même. Luiseul sait qu’il mourra, et cette terrible véritéréveille son intérêt pour toutes les grandespensées qui s’y rattachent. Dès qu’on estcapable de réflexion, on résoud ou plutôt oncroit résoudre à sa manière les questions phi-losophiques qui peuvent expliquer la destinéehumaine ; mais il n’a été accordé à personnede la comprendre dans son ensemble. Cha-cun en saisit un côté différent, chaque hommea sa philosophie, comme sa poétique, commeson amour. Cette philosophie est d’accordavec la tendance particulière de son carac-tère et de son esprit. Quand on s’élève jus-qu’à l’infini, mille explications peuvent être