SUR LA PHILOSOPHIE ALLEMANDE. 57
rapports. Il y a une telle analogie et unetelle différence entre le monde physique et lemonde moral, les ressemblances et les diver-sités se prêtent de telles lumières, qu’il estimpossible d’être un savant du premier ordresans le secours de la philosophie spéculative,ni un philosophe spéculatif sans avoir étudiéles sciences positives.
Locke et Condillac ne s’étoient pas assezoccupés de ces sciences ; mais Leibnitz avoità cet égard une supériorité incontestable.Descartes étoit aussi un très grand mat hé-maticien, et il est à remarquer que la plupartdes philosophes partisans de l’idéalisme onttous fait un immense usage-de leurs facultésintellectuelles. L’exercice de l’esprit, commecelui du cœur, donne un sentiment de l’ac-tivité interne dont tous les êtres qui s’aban-donnent aux impressions qui viennent dudehors sont rarement capables.
La première classe des écrits de Leibnitzcontient ceux qu’on pourroit appeler théolo-giques, parcequ’ils portent sur des véritésqui sont du ressort de la religion, et la théo-rie de l’esprit humain est renfermée dans laseconde. Dans la première classe il s’agitde l’origine du bien et du mal, de la près-