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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE
veulent lire comme un article de gazette lesécrits qui ont pour objet l’homme et la nature*Enfin, si par hasard de tels écrits étoientcomposés par un Allemand dont le nom ne fûtpas Français, et qu’on eût autant de peine àprononcer ce nom que celui du baron dansCandide, quelle foule de plaisanteries n’en tire-roit-on pas ? et ces plaisanteries Veulenttoutes dire :—J’ai de la grâce et de la légèreté,tandis que vous, qui avez le malheur depenser à quelque chose, et de tenir a quelquessentiments, vous ne vous jouez pas de toutavec la môme élégance et la même facilité.—La philosophie des sensations est une desprincipales causes de cette frivolité. Depuisqu’on a considéré l’ame comme passive, ungrand nombre de travaux philosophiques ontété dédaignés. Le jour où l’on a dit qu’iln’c-xistoit pas de mystères dans ce monde, oudu moins qu’il ne falloit pas s’en occuper,que toutes les idées venoient par les yeux etpar les. oreilles, et qu’il n’y avoit de vrai quele palpable, les individus qui jouissent enparfaite santé de tous leurs sens se sont crusles véritables philosophes. On entend sanscesse dire à ceux qui ont assez d’idées pourgagner de l’argent quand ils sont pauvres, et