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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

gravité dans le caractère annonçoit linflu-ence que devoit exercer une philosophie quiattribuoit toutes nos idées à la puissance dela réflexion.

Mallebranclie, le premier disciple de Des-cartes, est un homme doué du génie de lameà un éminent degré: lon sest plu à le consi-dérer dans le dix-huitième siècle comme unrêveur, et lon est perdu en France quand ona la réputation de rêveur ; car elle emporteavec elle lidée quon nest utile à rien, cequi déplaît singulièrement à tout ce quonappelle les gens raisonnables ; mais ce motdutilité est-il assez noble pour sappliqueraux besoins de lame ?

Les écrivains François du dix-huitièmesiècle sentendoient mieux à la liberté poli-tique ; ceux du dix-septième à la libertémorale. Les philosophes du dix-huitièmeétoient des combattants ; ceux du dix-sep-tième des solitaires. Sous un gouvernementabsolu, tel que celui de Louis XIV, lindé-pendance ne trouve dasile que dans la médi-tation ; sous les règnes anarchiques du der-nier siècle les hommes de lettres étoient animéspar le désir de conquérir le gouv nement deleur pays aux principes et aux idées libérales