Î6 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
des idées universelles ; et l’air qui vient delà vivifie toutes les pensées.
I/ame est un foyer qui rayonne dans tousles sens; c’est dans ce foyer que consistel’existence ; toutes les observations et tousles efforts des 'philosophes doivent se tournervers ce moi, centre et mobile de nos senti-ments et de nos idées. Sans doute l’incom-plet du langage nous oblige à nous servird’expressions erronées, il faut répéter sui-vant l’usage, tel individu a de la raison, oude l’imagination, ou de la sensibilité, etc. ;mais si l’on vouloit s’entendre par un mot,on devroit dire seulement * : il a de Vame,il a beaucoup d’ame. C’est ce souffle divinqui fait tout l’homme.
Aimer en apprend plus sur ce qui tientaux mystères de l’aine que la métaphysiquela plus subtile. On ne s’attache jamais àtelle ou telle qualité de la personne qu’on' préfère, et tous les madrigaux disent ungrand mot philosophique en répétant quec’est pour je ne sais quoi qu’on aime, carce je ne sais quoi c’est l’ensemble et l’har-
* M. Ancillon, dont j’aurai l’occasion de parler dansla suite de cet ouvrage, s’est servi de cette expressiondans un livre qu’on ne saurait se lasser de méditer.