des Finances de la France. 519
fenfible aüx devoirs de l’humanité, ne vou-drait pas, lui feul, renoncer dans fes colo-nies aux fervices des efclaves; ce n’eft qu’avecle tems, qu’une race libre pourrait fuppléerà ces travaux ; & la grande différence quiexhiberait entre les prix de ces deux efpecesde main-d’œuvre , donnerait un tel avantagede commerce à la nation qui auroit confervéfon ancienne habitude , qu’on ferait bientôtdécouragé de vouloir la furpaffer en vertu.Cependant, feroit-ce un projet chimériqueque celui d’un paéte général, par lequel tou-tes les nations renonceraient d’un communaccord à la traitte des nègres ? Elles fe trou-veraient alors, les unes envers les autres,dans les mêmes proportions qui exiftent ac-tuellement; car c’eft uniquement la richeffecomparative qui importe aux calculs de puif-fance.
On ne peut fe livrer encore à de fembla-bles efpérances ; la politique trouve petitstous les fentiments communs ; & puifque lamorale des particuliers a befoin elle-même