58 De l’Administration
des facrifices qui font exigés des peuples :je voudrais que tournant fes regards versl’état malheureux des habitants des campa-gnes , fa compaflion s’éveilla ; & que felivrant à une émotion falutaire , elle con-fidéra l’immenfité des charges publiquescomme un noble & valte champ , où lafagelle & la bienfaifance du Souverain peu-vent s’exercer fans celfe.
C’eft en vain qu’on veut s’étourdir furla grandeur des impôts ; c’elt en vain qu’onprête l’oreille aux infirmations de cetteclalTe d’hommes qui ont uni l’intérêt deleur amour propre & de leur fortune, àl’étendue des recouvrements & à la fciencefifcale ; c’elt en vain qu’on va chercherdans l’excès des tributs de quelqu’autrepays , l’apologie de fa propre adminiltra-tion ; c’elt en vain qu’on écoute aveccomplaifance les difcours dangereux deceux qui, par des fubtilités ou par uneindiiïërence raifonnée , elïayent de jeter desdoutes fur les idées les plus communes du