DE LA POÉSIE ALLEMANDE,
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nymphe de ce fleuve l’invite à s’y plonger;elle lui peint les délices de l’onde pendantla chaleur, le plaisir que le soleil trouve à serafraîchir la nuit dans la mer, le calme de lalune quand ses rayons se reposent et s’en-dorment au sein des flots; enfin, le pêcheurattiré, séduit, entraîné, s’avance vers .lanymphe, et disparoît 'pour toujours. Lefond de cette romance est peu de chose;mais ce qui est ravissant, c’est l’art de fairesentir le pouvoir mystérieux que peuventexercer les phénomènes de la nature. Ondit qu’il y a des personnes qui découvrentles sources cachées sous la terre par l’agita-tion nerveuse qu’elles leur causent: on croitsouvent reconnoître dans la poésie alle-mande ces miracles de la sympathie entrel’homme et les éléments. Le poëte alle-mand comprend la nature, non pas seule-ment en poëte, mais en frère; et l’on diroitque des rapports de famille lui parient pourl’air, l’eau, les fleurs, les arbres, enfin pourtoutes les beautés primitives delà création.
Il n’est personne qui n’ait senti l’attrait in-définissable que les vagues font éprouver,soit par le charme de la fraîcheur, soit parl’ascendant qu’un mouvement uniforme et