DES POEMES ALLEMANDS.
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ces souvenirs n'ont presqu’aucun rapportavec la nation actuelle. On sent, dans cespoésies, un enthousiasme vague, un désir quine peut atteindre son but ; et la moindrechanson nationale d’un peuple libre causeune émotion plus vraie. Il ne reste guèrede traces de l’histoire ancienne des Germains;l’histoire moderne est trop divisée et tropconfuse pour qu’elle puisse produire dessentiments populaires : c’est dans leur cœurseul que les Allemands peuvent trouver lasource des chants vraiment patriotiques.
Kl opstock a souvent beaucoup de grâcesur des sujets moins sérieux : sa grâce tientà l’imagination et à la sensibilité ; car dansses poésies il n’y a pas beaucoup de ce quenous appelons de l’esprit; le genre lyriquene le comporte pas. Dans l’ode sur le ros-signol, le poète allemand a su rajeunir unsujet bien usé, en prêtant à l’oiseau des sen-timents si doux et si vifs pour la nature etpour l’homme, qu’il semble un médiateurailé qui porte de l’une à l’autre des tributsde louange et d’amour. Une ode sur le vindu Rhin est très originale : les rives du Rhinsont pour les Allemands une image vraimentnationale; ils n’ont rien de plus beau dans