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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
grandisse aux yeux de l’homme pour qu’ilpuisse s’en servir comme de l’emblème deses pensées. Les bosquets, les fleurs et lesruisseaux sutfisoient aux poètes du paga^nisme; la solitude des forêts, l’Océan sansbornes, .le ciel étoilé peuvent à peine expri-mer l’éternel et l’infini dont l’ame des chré-tiens est remplie.
Les Allemands n’ont pas plus cpie nous depoème épique; cette admirable compositionne paraît pas accordée aux modernes, etpeut-être n’y a-t-il que l’Iliade qui répondeentièrement à l’idée qu’on se fait de ce genred’ouvrage: il faut pour le poème épique unconcours singulier de circonstances qui nes’est rencontré que chez les Grecs, l’imagi-nation des temps héroïques et la perfectiondu langage des temps civilisés. Dans lemoyen âge, l’imagination étoit forte, mais lelangage imparfait ; de nos jours le langageest pur, mais l’imagination est en défaut.Les Allemands ont beaucoup d’audace dansles idées et dans le style, et peu d’iuventiondans le fond du sujet; leurs essais épiquesse rapprochent presque toujours du genrelyrique. Ceux des Français rentrent plutôtdans le genre dramatique, et l’on y trouveplus d’intérêt que de grandeur. Quand il