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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
Weimar, en présence d’une société aussiéclairée qu’imposante : il lisoit très bien lefrançais, mais il ne l'avoitjamais parlé; jesoutins avec chaleur la supériorité de notresystème dramatique sur tous les autres ; il nese refusa point à me combattre, et sans s’in-quiéter des difficultés et des lenteurs qu’iléprouvoit en s’exprimant en français, sansredouter non plus l’opinion des auditeurs,qui étoit contraire à la sienne, sa convictionintime le fit parler. Je me servis d’abord,pour le réfuter, des armes françaises, la viva-cité et la plaisanterie ; mais bientôt je démê-lai dans ce que disoit Schiller tant d’idées àtravers l’obstacle des mots, je fus si frappéede cette simplicité de caractère qui portoitun homme de génie à s’engager ainsi dansune lutte où les paroles manquoient à sespensées, je le trouvai si modeste et si insou-ciant dans ce qui ne concernoit que ses pro-pres succès, si fier et si animé dans la dé-fense de ce qu’il croyoit la vérité, que je luivouai dès cet instant une amitié pleine d’ad-miration.
Atteint, jeune encore, par une maladiesans espoir, ses enfants, sa femme, qui méri-toit par mille qualités touchantes l’attache-