GOETHE.
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puiser des idées dans son entretien, et luidonnoientune jouissance habituelle par l'ad-miration qu’il inspirait. En Allemagne, onne sait pas dépenser son talent dans la con-versation, et si peu de gens, môme parmi lesplus distingués, ont l’habitude d’interroger etde répondre, que la société n’y compte pourpresque rien ; mais l’influence de Goethen’en est pas moins extraordinaire. H y a unefoule d’hommes en Allemagne qui croiraienttrouver du génie dans l’adresse d’une lettre,si c’étoit lui qui l’avoit mise. L’admirationpour Goethe est une espèce de confrérie dontles mots de ralliement servent à faire con-noître les adeptes les uns aux autres. Quandles étrangers veulent aussi l’admirer, ils sontrejetés avec dédain, si quelques restrictionslaissent supposer qu’ils se sont permis d’exa-miner des ouvrages qui gagnent cependantbeaucoup à l’examen. Un homme ne peutexciter un tel fanatisme sans avoir de grandesfacultés pour le bien et pour le mal ; car iln’y a que la puissance daus quelque genreque ce soit que les hommes craignent assezpour l’aimer de cette manière.