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LA LITTÉRATURE ET LÈS ARTS.
à renverser les statues qu’il a fait admirer.Lorsque dans ses fictions il inspire de l’inté-rêt pour un caractère, bientôt il montre lesinconséquences qui doivent en détacher. 11dispose du monde poétique, comme un con-quérant du monde réel, et se croit assez fortpour introduire comme la nature le géniedestructeur dans ses propres ouvrages. S’iln’étoit pas un homme estimable, on auroitpeur d’un genre de supériorité qui s’élèveau-dessus de tout, dégrade et relève, atten-drit et persifle, affirme et doute alternative-ment, et toujours avec le même succès.
J’ai dit que Goethe possédoit à lui seulles traits principaux du génie allemand, onles trouve tous en lui à un degré éminent :une grande profondeur d’idées, la grâce quinaît de l’imagination, grâce plus originaleque celle formée par l’esprit de société ; en-fin une sensibilité quelquefois fantastique,mais par cela même plus faite pour intéresserdes lecteurs qui cherchent dans les livres dequoi varier leur destinée monotone, et veu-lent (pie la poésie leur tienne lieu d’évène-ments véritables. Si Goethe étoit Français,on le feroit parler du matin au soir : tous lesau-teurs contemporains de Diderot alloient