DE L’ALLEMAGNE.
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avec une cordialité qui pénétrait toutes lesâmes.
“ Les prairies sont aussi fleuries que jadis,“ les montagnes aussi verdoyantes: quand“ toute la nature sourit, le cœur seul de“ riiommepourroit-il n’étre qu’undésert(l)?”
Non, sans doute, il ne l’étoit pas, il s’é-panouissoit avec confiance au milieu de cettebelle contrée, en présence de ces hommesrespectables, animés tous par les sentimentsles plus purs. Un pays pauvre, d’une éten-due très bornée, sans luxe, sans éclat, sanspuissance, est chéri par ses habitants commeun ami qui cache ses vertus dans l’ombre etles consacre toutes au bonheur de ceux quil’aiment. Depuis cinq siècles que dure laprospérité de la Suisse, on compte plutôt desages générations que de grands hommes. Il11’y a point de place pour l’exception quandl’ensemble est aussi heureux. On dirait queles ancêtres de cette nation régnent encoreau milieu d’elle: toujours elle les respecte,les imite, et les recommence. La simplicité
(1) Ces paroles étaient le refrein d’un chant plein de grâceçt de talent, composé pour cette fête. L’auteur de ce chantc'est madame Harmès, très connue par ses écrits sous le nomde madame de Berlepsch en Allemagne.