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LA FÊTE D’INTERLAKEN.
mes poids, en luttant les uns contre lesautres, une agilité et une force de corps trèsremarquables. Cette force rendoit autrefoisles nations plus militaires; aujourd'hui quela tactique et l’artillerie disposent du sortdes années, on ne voit dans ces exercicesque des jeux agricoles. La terre est mieuxcultivée par des hommes aussi robustes;mais la guerre ne se fait qu’à l’aide de ladiscipline et du nombre, et les mouvementsmême de Lame ont moins d’empire sur ladestinée humaine depuis que les individusont disparu dans les masses, et que le genrehumain semble dirigé comme la natureinanimée par des lois mécaniques.
Après que les jeux furent terminés et quele bon bailli du lieu eut distribué les prixaux vainqueurs, on dîna sous des tentes, etl’on chanta des vers à l’honneur de la tran-quille félicité des Suisses. On faisoit passerà la ronde pendant le repas des coupes enbois, sur lesquelles étoient sculptés Guil-laume Tell et les trois fondateurs de laliberté helvétique. On buvoit avec trans-port au repos, à l’ordre, à l’indépendance;et le patriotisme du bonheur s’exprimoit