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DE L’ALLEMAGNE.
le monde. La société pèse sur eux, ils lut-tent avec la nature, et leur confiance en Dieuest plus animée, plus constante (pie celle desriches. Sans cesse menacés par le malheur,recourant sans cesse à la prière, inquietschaque jour, sauvés chaque soir, les pauvresse sentent sous la main immédiate de celuiqui protège ce que les hommes ont délaisse,et leur probité, quand ils en ont, est singu-lièrement scrupuleuse,
Je me rappelle, dans un roman de Pes-talozzi, la restitution de quelques pommesde terre par un enfant qui les avoit volées :sa grand’mère mourante lui ordonne de lesreporter au propriétaire du jardin où il lesa prises, et cette scène attendrit jusqu’aufond du cœur. Ce pauvre crime, si l’onpeut s’exprimer ainsi, causant de tels re-mords ; la solennité de la mort à travers lesmisères de la vie,la vieillesse et l’enfance rap-prochées par la voix de Dieu, qui parle éga-lement à l’une et à l’autre, tout cela fait mal,et bien mal: car dans nos fictions poétiques,les pompes de la destinée soulagent un peude la pitié que causent les revers; mais l’oncroit voir dans ces romans populaires unefoible lampe éclairer une petite cabane, et la