BERLIN.
153
qu’elle soit, ne fait pas une impression assezsérieuse; on n’y aperçoit point l’empreintede l’histoire du pa} T s, ni du caractère deshabitants, et ces magnifiques demeures nou-vellement construites ne semblent destinéesqu’aux rassemblements commodes des plai-sirs et de l’industrie. Les plus beaux palaisde Berlin sont bâtis en briques; on trouve-roit à peine une pierre de taille dans les arcsde triomphe. La capitale de la Prusse res-semble à la Prusse elle-même ; les édificeset les institutions y ont âge d’homme, et riende plus, parce qu’un homme seul en estl’auteur.
La cour, présidée par une reine belle etvertueuse, étoit imposante et simple tout àla fois; la famille royale, qui se répandoitvolontiers dans la société, savoit se mêlernoblement à la nation, et s’identifioit danstous les cœurs avec la patrie. Le roi avoitsu fixer à Berlin J. de Millier, Ancillon,Fichte, Humboldt, Hufeland, une fouled’hommes distingués dans des genres diffé-rents; enfin tous les éléments d’une sociétécharmante et d’une nation forte étoient là:mais ces éléments n’étoient point encorecombinés ni réunis. L’esprit réussissoit ce-