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DE L’ALLEMAGNE.
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loir, jusqu’aux moindres nuances de sa ma-nière d’ètre et de penser.
Le séjour des petites villes m’a toujoursparu très ennuyeux. L’esprit des honni: jss’y rétrécit, le cœur des femmes s’y glace;on y vit tellement en présence les uns desautres, qu’on est oppressé par ses semblables :ce n’est plus cette opinion à distance quivous anime et retentit de loin comme le bruitde la gloire ; c’est un examen minutieux detoutes les actions de votre vie, une observa-tion de chaque détail, qui rend incapable decomprendre l’ensemble de votre caractère;et plus on a d’indépendance et d’élévation,moins on peut respirer à travers tous ces pe-tits barreaux. Cette pénible gêne n’existoitpoint à Weimar, ce n’étoit point une petiteville, mais un grand château ; un cerclechoisi s’entretenoit avec intérêt de chaqueproduction nouvelle des arts. Des femmes,disciples aimables de quelques hommes su-périeurs, s’occupoient sans cesse des ouvra-ges littéraires, comme des évènements pub-lics les plus importants. On appeloit l’uni-vers à soi par la lecture et l’étude ; on échap-poit par l’étendue de la pensée aux bornesdes circonstances ; en réfléchissant souvent