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1 (1813)
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DE L’ALLEMAGNE.

liés entre eux seulement par le culte de lapensée.

En France on ne s’est presque jamais oc-cupé des vérités abstraites que dans leurrapport avec la pratique. Perfectionnerl'administration, encourager la populationpar une sage économie politique, tel étoitl’objet des travaux des philosophes, princi-palement dans le dernier siècle. Cette ma-nière d’employer son temps est aussi fortrespectable; mais, dans l’échelle des pensées,la dignité de l’espèce humaine importe plusque son bonheur, et sur-tout que son ac-croissement: multiplier les naissances sansennoblir la destinée, c’est préparer seulementune fête plus somptueuse à la mort.

Les villes littéraires de Saxe sont cellesoù l’on voit régner le plus de bienveillanceet de simplicité. On a considéré par-toutailleurs les lettres comme un apanage du luxe;en Allemagne elles semblent l’exclure. Lesgoûts qu’elles inspirent donnent une sorte decandeur et de timidité qui fait aimer la viedomestique: ce n’est pas que la vanité d’au-teur n’ait une caractère très prononcé chezles Allemands, mais elle ne s’attache point