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DE L’ALLEMAGNE.
n’étant point rassemblés dans une mêmeville, ne se voient presque pas, et ne commu-niquent entre eux que par leurs écrits; cha-cun se fait sa route à soi-même, et découvresans cesse des contrées nouvelles dans lavaste région de l’antiquité, de la métaphy-sique, et de la science. Ce qu’on appelleétudier en Allemagne est vraiment une choseadmirable: quinze heures par jour de soli-tude et de travail, pendant des années en-tières, paroissent une manière d’exister toutenaturelle; l’ennui même de la société faitaimer la vie retirée.
La liberté de la presse la plus illimitéeexistoit en Saxe; mais elle n’avoit aucundanger pour le gouvernement, parcequel’esprit des hommes de lettres ne se tournoitpas vers l’examen des institutions politiques:la solitude porte à se livrer aux spéculationsabstraites, ou à la poésie; il faut vivre dansJe foyer des passions humaines pour sentir lebesoin de s’en servir, et de les diriger. Lesécrivains allemands ne s’occupoient que dethéories, d’érudition, de recherches littéraireset philosophiques; et les puissants de cemonde n’ont rien à craindre de tout cela.D’ailleurs, quoique le gouvernement de la